C'est la fin de ce début de vacances (déjà bien entamées) constitué de pluie diluvienne et d'enchaînade de siestes, d'excursion brève vers l'est avec prom en conditions extrêmes, bûche dans le poêle, (presque) montagne, souvenirs cools, awalé et hoummous artisanal, et puis de Méditerranée, de soleil et de Polaroid aux couleurs passées, de bracelets de partout et de petits déj de gros, d'exotique, de belle musique, de burger d'anniversaire électronique (first one), de rouleau de printemps en hiver, de déconnexion surtout.
Eplucher les bananes à l'envers, tenir le couteau dans l'autre sens, manger des spaghettis bolo le matin, mélanger pois, rayures et carreaux, trouver un côté cool aux cheveux emmêlés, expérimenter le culinaire, penser à une aventure scandinave, se réveiller sur de la densité nette et des emprises au sol, ne jamais recevoir son courrier important, mal gérer son timing les jours de pluie, oublier une pellicule dans le frigo, entamer un processus de déconnexion du vrai monde pour cause de dernière année en urba, par exemple.
C'est dans ces moments que tu réapprécies les choses cooles de la vie, j'entends par là la satisfaction de tes besoins physiologiques fondamentaux (manger, dormir et voir le jour) et d'autres trucs comme les fins de diag, le double vitrage, les repas terroirs, les postcards de Londres, le bon son à fond, la couleur du ciel, et ce même si le fusible de la salle de bain a pété.
Le retour de cette semaine express à Brussel marque le retour à la réalité -Méditerranée !- où le déni consensuel concernant la masse de boulot / le peu de temps qu'il reste n'a plus trop sa place, alors que tu as juste envie de te mettre au chaud sous la couette pour hiberner jusqu'en mars.
Malgré le fait que demain marque déjà la moitié des vacances, et que je n'aie pas beaucoup avancé sur la masse de travail (lentement mais sûrement tout de même, j'attaque ma to do list de vacances), j'aime bien cette période où tu peux encore te balader en short et jouer les touristes dans la ville où tu habites, faire des crêpes ou improviser un cake à la courgette dans une micro-cuisine bizarrement bondée, te lever tôt sans être pressée, prendre le temps de toutes ces choses cooles de la vie quoi.
Les cuisines de coloc, le genre de truc où tu passes une soirée à ranger les 10000 casseroles, assiettes et tout ce fatras et ces centimètres d'épaisseur de poussière accumulés par les colocataires successifs (en découvrant la planque où on avait mis tous les plats à four).
Le temps de se souvenir du rakija croate, des gens de Hong Kong, de Prague ou d'ailleurs qui font partie de ces belles rencontres que tu as pourtant perdues de vue / si tant peu de probabilité de refaire ou de tous les bouquins que tu aimerais lire.
C'est toujours un peu dur de dérouler sa prose, de taper sur le clavier ou de faire glisser la plume, mais pourtant c'est bien ce qu'il faut faire si je ne veux pas oublier comment je me suis retrouvée à faire du stop sans le sou ni téléphone de Prague à Mulhouse, pourquoi retrouver certains visages est toujours aussi cool et pourquoi certains te manquent, à quel point tu te rends métaphysiquement compte que ta dernière année d'études est un point tournant dans ta life avec tout l'entrain, la pression, le passionnant, le déjà nostalgique, l'incertitude, les certitudes, les galères, les projections, et tout le reste que ça implique, comme la vie sans voiture, les kebabs marseillais, les courses sous la pluie sans poncho Franklin ni parapluie chat, les moustiques dans ta chambre de 10000 mètres carrés, la grimpe avec une nouvelle appréhension inquiétante ou la coloc (la vraie ?) avec une urba, une roller-hockeyeuse et une journaliste, par exemple.
Ca y est, je dirais que c'est la fin de l'été.
Après des vacances rollercoaster, un dernier mois à 400 à l'heure, je pose enfin mon backpack. Chez moi. A Marseille (youhou).
Il y aurait un milliard de trucs à raconter de ces dernières semaines, sur les endroits où je suis allée (le pays basque, la Catalogne, le fin fond de l'est de l'Allemagne, la République tchèque), les gens que j'ai rencontré (trop) ou revus (cool), les péripéties et rebondissements du genre flippant (vraiment), mais on l'avait déjà dit c'est ça l'aventure.
Prévoir une fin de mois d'août à cheval sur trois (quatre ?) pays n'est pas la chose la plus simple, ni la plus cool du monde, mais je vous en reparlerai à la rentrée.
Le retour dans le coin le plus plat de la terre a été quand même bien rempli, avec du push, de la rame, du churros (j'ai saisi la différence entre churros et chichi !) et du pique-nique de gros, de la revoyure, trop de plage, pas assez de lecture ni de chamallows grillés, beaucoup de carnets, un peu de vélo, pas mal de soleil. Et ce sentiment que tu commences quand même à te faire vieille, qui arrive quand tu revois ces drôles tous grandis, qu'on commence à t'appeler tata ou que tu as prévu d'aller à un mariage au pays de la currywürst.
Aujourd'hui, ma principale mission aura été de conduire jusqu'au bled (quasi-désert) pour accompagner le frérot chez le coiffeur et développer le dernier jetable. Les vacances #cool, en somme, limite au ralenti en fait. Le temps s'arrête, et au lieu de crapahuter dans la forêt ou de tenter des pèlerinages en tongs vers la mer avant de manger tunisien dans la rue avec tes doigts et des sinophones sympas, tu te perds sur le rebord de la fenêtre, ou tu restes devant l'écran en écoutant de la soul parce que c'est la seule chose qui bouge par ici.
Ce moment-là, où tu es tiraillée entre la grosse fiesta (fini fini les règles, plus d'horaires, de micro chambre, de fer à lisser, d'odeur de dissolvant, blablabla : la liberté, youpi) ET la grosse déprime (qu'est-ce que je fais avec moi-même ? c'est atroce il fait trop chaud, où est ma guitare ?? si je mange pareil en restant allongée toute la journée au lieu de gambader dans les prés ça peut devenir fatal, ils sont où les gens ??? où est-ce que je les balance mes confettis ??) : ça serait cool que cette habituelle déprime estivale se termine vite.
Ohé, demain je quitte le sud (et accessoirement la civilisation un peu) pour aller cramer autrement qu'à la plage ou sur une falaise. Décidément, il y aura toujours trop de trucs à faire.
Etre une vraie fille 2.0 n'empêche pas le fait que tu déménages dans plus ou moins une semaine, avec tous les tracas logistiques que ça implique. En plus de l'invasion de fourmis que tu dois subir, le fait que tu as paumé la carte grise de la voiture que tu as plantée, que tu roules dans une C3 flower power, que tu as l'impression d'être en hibernation alors qu'on est quand même bientôt en juillet, et que ça veut aussi dire qu'il y a bientôt des entretiens pas du tout cruciaux pour la suite, tu relativises parce que cette période rassemble aussi des trucs vraiment vraiment chouettes comme entre autres
C'est un peu la période des bilans, mais aussi celle où tu flottes un peu - non pas que tu n'aies rien à faire, mais que tout (à part ce projet professionnel ou d'autres choses) paraît en standby : les résultats, la rentrée. C'est pourtant un peu à toi de prendre des décisions, pour trancher alors qu'on est encore sûrs de rien.
A part me faire bouffer par les moustiques qui ont décidé que je n'aurais pas de répit non madame, j'ai fait mes adieux à la voiture (c'était limite émouvant, en fait), terminé le premier carnet d'aquarelle, retrouvé le cool de la roulette session (mais en moins cool, puisque sans acolyte et avec des fous du volant -le sud), pas terminé mes dossiers de candidature, mangé des pitas au tzatziki maison avec des germanophones, réalisé que ces gens (toujours eux) étaient formidables, que l'aventure continuait et donc que ça égalait triple milliards de rebondissements et suspense, ceux que tu aimes de trop parce qu'ils sont bien stressants faut groover dans la vie.
Dire que cette année est terminée sonne toujours bizarre, je pense qu'il me faudra du temps pour me remettre de cette dernière ligne droite qui était vraiment harsh.
Du coup, je suis un peu comme en convalescence (je dors, j'ai deux de tension, je dors, je mange. Je dors.)
J'ai quand même l'intention de profiter de ma petite liberté de ce mois pour faire un tas de trucs, me lancer dans un tas de projets, mais surtout retrouver une [forme de] vie.
J'ai du mal à réaliser que toute cette histoire sera terminée dans trois semaines.
Pour l'instant, je crois que je n'ai jamais autant bossé de ma vie, à un rythme aussi soutenu (TRUE). Comme si le reste de ta vie (et du monde, éventuellement) était mis entre parenthèses.
Il y a ces choses et ces moments qui sont devenus habituels, normaux, et qui font partie de cette routine un peu extraordinaire comme si ça avait toujours été le cas (les nuits trop courtes, l'ascenseur émotionnel, le café à l'italienne couplé au thé + hiphop 90', la cogitation cérébrale -entre autres).
Ces trucs que tu regrettes un peu maintenant : la grimpe, les midis au RU, les sessions roulettes de l'année dernière, l'époque où tu pouvais encore aller te paumer sous la pluie au milieu de vignes pour manger des chips à la currywürst près d'un vrai feu sur du vrai son vinyle, celle où tu pensais encore pouvoir faire ces escales et revoir ces gens d'ici l'été, ou alors celle où tu pouvais quand même prendre le temps de faire des cookies.
Et puis les trucs cools de vacances alors que tu n'es pas en vacances, comme les autres, les lancers de pâtes, les flip flop, les glaces vanille-pistache sur fond de discussion nocturne, les parties de boules, les tartes à la tomate, les cartes postales ou le soleil.
Ecrire ici je trouve ça chouette, parce que c'est un peu un carré VIP (mais en plus sympa), je veux dire qu'il n'y a pas n'importe qui (dédicace, toi).
Ça serait un coin de jardin (secret, mais avec la porte ouverte tu vois) où il y a des cookies au pépites de chocolat et de la home-made lemonade (citron vert) et où on peut marcher pieds nus dans l'herbe (cela va de soi).
(Ok, bon, il y a peut-être dans cette belle image un peu de réaction au temps pourri qu'il y a en ce moment chez moi.)
Ça fait aussi partie des choses qui te font bouger, parce que sinon on serait tous en pyjama intellectuel à vivre sans penser, à penser sans exprimer. De la contrainte positive, un truc du genre. Ça sort pas tout seul, mais à la fin tu es content. Comme après avoir pédalé comme une dératée sur les routes du Connemara -plus topographique tu meurs, sous la pluie -limite nuit, avec ton sac à dos, tes poumons que tu craches et un poncho de gamin jaune poussin pour pas te faire écraser. Comme après ce changement de paradigme nuit / nuit (trop) courte parce que c'est le deal, ou glandage / défonce au boulot, parce que c'est le deal aussi.
Et c'est finalement comme une boîte où tu ranges toutes les cartes postales que tu reçois (sauf que là, c'est toi qui les envoie en fait), et que tu réouvres au milieu d'un gros ménage de printemps (ça arrive aussi pendant les autres saisons). Madeleine de Proust, totem inceptionique, grenier de pensées, encyclopédie en plusieurs tomes de souvenirs que j'aime bien avoir pas trop loin.
Tout le monde a des trucs à raconter.
C'est ce qu'on se dit après un lapin au vin blanc qui te rappelle les Cornouailles et cette maison de campagne, le piano dans la chambre. Et des crêpes bretonnes au beurre salé (une tuerie ce truc) qui te font vaguement penser au Pancake day ou au rituel des soirées du vendredi (bâtiment L deuxième étage ?) qu'avait instauré la clique Erasmus. L'époque où on buvait de la Crabbies en essayant d'allumer un barbecue jetable acheté à Tesco.
C'est ce qu'on se dit après un lapin au vin blanc qui te rappelle les Cornouailles et cette maison de campagne, le piano dans la chambre. Et des crêpes bretonnes au beurre salé (une tuerie ce truc) qui te font vaguement penser au Pancake day ou au rituel des soirées du vendredi (bâtiment L deuxième étage ?) qu'avait instauré la clique Erasmus. L'époque où on buvait de la Crabbies en essayant d'allumer un barbecue jetable acheté à Tesco.
En dix jours, j'ai eu le temps de cramer bien comme il faut au soleil, tomber malade et rester à moitié en rémission depuis, retrouver la coolitude de marcher pieds nus dans l'herbe, réaliser [ou pas] que cette année est encore [plus] passée trop vite, qu'elle était vraiment chouette.
Genre, vraiment.
Ça serait un concentré de plein de trucs étonnamment cools (limite exotiques, mais qui te rappellent un peu des choses), comme le Pulparindo Gigante, tu vois.
Et as usual, petit bilan implique to do list : gratter, croquer, lire lire lire, bouger.
On pourrait faire un compte à rebours bien stressant pour la fin des cours et plein d'autres choses qui t'obligent à voir ta vie en Lambert II carto, mais c'est aussi chouette de juste de retrouver le coolissime de s'allonger au milieu des pâquerettes avec un soleil à faire sortir les rosbeefs en tongs. Se poser deux minutes trente, repartir.
Les gens formidables te font des déclarations d'amour à la chantilly sur la carrosserie de ta bagnole, ils te coupent les cheveux dans le noir devant un film américain ou ils t'embarquent dans une histoire de KFC au milieu de rien mais bondé un de ces dimanche midi pluvieux et venteux.
Les beaux jours se font sentir, l'arrivée du printemps est imminente (this is awesome). Ça se vérifie entre autres avec les souvenirs de Croatie ravivés par les excursions dans les calanques, les aprems à chercher des escargots dans le jardin ou le mégaglop des repas au soleil.
Dans ce lot de chouettes trucs il y a aussi cette question existentiellement récurrente à propos de ce que tu comptes / peux / devrais / aimerais / vas finalement faire cet été, voire l'année prochaine, avec tous les dilemmes et incertitudes bonus. C'est un peu ça l'aventure.
Je dois vous parler (avec des mots et tout) depuis un milliard d'années de ces différences géographiques sur le greeting code (hellooo), mais pour l'instant on se contentera de la coolitude de plusieurs trucs comme le bouquin terminé, les retrouvailles express, la cup of tea, le soleil de ouf, les GENS, la zikmu, les chapeaux ou les polaroids. Les vacances aussi ?





























![La mer [en ce moment c'est juste ce qu'il me faudrait, au lieu de me liquéfier sur place au milieu de formalités administratives et autres réjouissances] La mer [en ce moment c'est juste ce qu'il me faudrait, au lieu de me liquéfier sur place au milieu de formalités administratives et autres réjouissances]](https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgQZRloQmIMi0Fm6MxUlsYkQLG6Q_I29vrTwnsbejf8QzRxTSe-jBz7oH0EfqpCVVVCRnoiolxjFhmsr0lUWc_hhcLWybU-onWu7RF4lfmJKchYkBEmEeY-yT94ijGuzoycFVvTmKAnllM/s640/plage.jpg)



