Pour parler météo, les éclaircies se font rares en ce moment, on alterne les grands vents et les redoux salvateurs dans un enchaînement assez peu compréhensible.
Le temps file et on court toujours après, en réalisant petit à petit que tout est devenu habitude ici - la vie avec le soleil et le vent, les galettes des rois, les expérimentations culinaires et les trajets à vélo, les rendez-vous hebdomadaires et les rencontres avec le voisinage. Ce clapotis de vagues est à la fois rassurant, ennuyeux, très beau et presque fatigant. C'est sans doute le moment d'aller respirer un peu ailleurs, pour comme toujours mieux revenir.
De retour au 16ème, le même en différent.
C'est l'heure des bilans et des rêves pour les prochains mois et les prochaines années, ces promesses à soi-même toujours un peu difficiles à poser.
Au milieu du retour aux sources habituel et des retrouvailles devenues rituelles, les surprises se sont enchainées : entre régression maximale à base de pancakes au nutella et come-back technologique du futur emballé dans du chocolat, nous avons passé le cap en beauté. (entre autres, j'ai aussi appris à ouvrir les huîtres et à écailler un poisson, frôlé l'overdose de burger, redécouvert le brouillard et la bruine west coast, zoné dans le spot dvd de la BU où je commençais à traîner il y a déjà 8 ans !)
Maintenant, c'est mille aventures qui attendent, des instants de waouh à saisir et du cool à dévorer tous les jours sans en oublier aucun. 2017 ça va être chouette.
Je pars à l'océan, aux champs de maïs et aux forêts de pins.
Je laisse avec une petite angoisse le quotidien ensoleillé du 16e, avant de retrouver avec plaisir, 6 heures plus tard, un autre monde d'horizon plat et de vieux souvenirs, la simplicité des moments, la compagnie de ces gens que le temps et l'espace ont rendue précieuse.
Je pars passer le cap du quart de siècle loin de tout, comme si prendre le temps d'écrire les choses importantes était un petit luxe bien trop oublié de nos plans habituels.
C'est décembre et tout se mélange : les élans de bravoure pour se retrouver à esquiver les méduses ou chercher un arc électromagnétique, le vin chaud solaire et les expérimentations culinaires, les bouquins engloutis et les levers de soleil de plus en plus frais. Alors que la coloc prend temporairement un goût de beurre salé, on dérive petit à petit vers des rivages d'adultes posés, à s'ammarer doucement au milieu de voisins et de projets collectifs, de demi-paniers de légumes et de taxe d'ordures ménagères, de kefir, de jardin et de levain.
Bientôt c'est le retour aux sources, à l'océan et aux horizons dégagés du sud-ouest. J'ai secrètement hâte d'entamer une retraite low tech au milieu des champs de maïs, comme à chaque fois qu'il devient nécessaire de partir pour mieux revenir, sauf que là, on dirait bien que ça devient sérieux toutes ces histoires.
Souvenir du printemps dernier, quand il s'agissait de ne pas se liquéfier dans la moiteur ambiante et de ramasser des coquillages les pieds dans l'eau.
La pluie et le ciel gris, même s'ils ne durent jamais très très longtemps à Marseille, sont de ces choses qui te donnent envie de rester en pyjama toute la journée, à lire et lire, rester sous la couette et lire, et te lever juste pour manger des coquillettes au pesto ou du chocolat.
Il s'agit d'écrire les souvenirs et les futurs possibles avec la même application et la même folie. Poser mémoires et idées, avec ce souci d'intégrité qui fait les vraies histoires, avec la liberté de se révéler qui fait les belles histoires.
Ici, la douceur des journées au soleil signe le changement de saison. Dehors, l'été s'envole avec le vent, on reprend plaisir à s'habiller de plusieurs couches et à s'enrouler dans trop de couleurs. C'est des épices partout, des lignes de nuages comme dessinées sur la mer et des rêves pour l'année prochaine.
Les matins deviennent plus précieux à mesure que l'on se rapproche de l'hiver. Quand tout dort encore, les levers de soleil se font spectacles fugaces dérobés à l'univers, le temps d'inspirer avant de retourner aux évènements du reste du monde.
Les matins deviennent plus précieux à mesure que l'on se rapproche de l'hiver. Quand tout dort encore, les levers de soleil se font spectacles fugaces dérobés à l'univers, le temps d'inspirer avant de retourner aux évènements du reste du monde.
Marseille est passée à l'heure d'hiver sous un climat de retour d'été ; entre les deux, on se retrouve comme toujours à apprécier la douceur de vivre à travers la simplicité d'un saut dans la mer et le cool d'un week-end d'aventure et de châtaigne. Dans cet enchaînade de virages et de paysage défilé c'est déjà novembre qui nous pousse en avant, là où les aurores s'enfuient et où les soirs tombent trop tôt.
On continue la dérive vers l'inconnu, quand les moustiques de l'arrière saison refont leur apparition. Il faut se projeter en hiver, et ce sont juste le souvenir de raviolis à la courge, les rêves d'escapades ou la douceur du thé chaud qui peuvent rétablir l'ordre des choses.
À l'horizon un cap de guedin qui te remet encore plus dans une posture bilantastique (bilanesque, même), ce qui représente un phénomène à la fois légèrement flippant, et ennuyeux au plus haut point, comme s'il fallait que tu aies accompli quelque chose - genre, un gros truc - avant de passer de l'autre côté.









