Décembre à Marseille, c'est entre autres un calendrier de l'avent aux 72 papillotes, des feux d'artifice de pétards, du repas de Noël avant Noël, une météo scandaleusement agréable et de la baignade méditerranéenne la veille du solstice d'hiver.
Et dans une semaine c'est le retour dans le sud-ouest, oui oui madame on va passer 8 heures dans le train pour aller manger du foie gras pendant deux semaines. Un retour aux sources bien nécessaire peut-être ?
La vie de jeune diplômée, ou comment se ruiner chez la SNCF et courir après les trains, être overbookée sans avoir vraiment d'emploi, se retrouver face à des dilemmes cornéliens et voir sa réactivité s'envoler puissance mille alors qu'il fait nuit à 17 heures, que la trêve hivernale s'annonce peut-être pas si tranquille que ça et que tu as de plus en plus de mal à faire des phrases non nominales.
L'arrivée du mois de décembre me fait un peu flipper, je crois que je n'ai pas encore digéré que l'été était terminé. Pas de rentrée pour se remettre sur les rails, c'est à toi de pousser un peu pour lancer la machine (c'est ça la vie d'adulte on dirait). C'est la liberté à laquelle tu t'attends depuis un moment, mais pourtant qui te surprend et te déstabilise un peu quand même.
Cet été sans vacances passé à rédiger mon mémoire et à bosser dans un semi-sous-sol de Nørrebro, comme les températures marseillaises en ce moment et ce soleil de ouf, ne m'aident pas vraiment à me dire qu'on est en décembre dans à peine une semaine. Tes repères changent sans que tu t'en rendes vraiment compte, comme ça, doucement. Et on trouve un nouveau spot. On se situe mieux en prenant de la hauteur, non ?
Retrouver un chez-soi après un long périple, alors que la saison fraîche est déjà bien installée, c'est retrouver cet autre bleu, cette autre mer. Peut-être retrouver des repères, petit à petit. Et en même temps oublier déjà les six derniers mois et tous les détails de la vie quotidienne dans cet autre monde.
On s'adapte vite au fait de ne plus avoir de contraintes, qu'elles soient académiques, professionnelles ou juste temporelles.
C'est donc en cette période de transition que le jeune diplômé (pour ne pas dire jeune inactif) peut prendre le temps d'en passer avec ces gens, ou d'apprécier la météo complètement estivale du Sud mi-octobre et se faire littéralement bouffer par les moustiques, par exemple.
J'ai dit au revoir à Copenhague un mercredi matin pluvieux, dans le rush et sans même un dernier kanelsnegle ; quitté officiellement mon statut d'étudiante, terminé mon stage de fin d'études, dit au revoir à ma coloc danoise.
C'est maintenant les vacances pour moi, éventuellement je suis sans domicile fixe pour le moment, il me fallait bien un mois de vagabondage avant de me poser à nouveau.

