La vie de jeune diplômée, ou comment se ruiner chez la SNCF et courir après les trains, être overbookée sans avoir vraiment d'emploi, se retrouver face à des dilemmes cornéliens et voir sa réactivité s'envoler puissance mille alors qu'il fait nuit à 17 heures, que la trêve hivernale s'annonce peut-être pas si tranquille que ça et que tu as de plus en plus de mal à faire des phrases non nominales.
L'arrivée du mois de décembre me fait un peu flipper, je crois que je n'ai pas encore digéré que l'été était terminé. Pas de rentrée pour se remettre sur les rails, c'est à toi de pousser un peu pour lancer la machine (c'est ça la vie d'adulte on dirait). C'est la liberté à laquelle tu t'attends depuis un moment, mais pourtant qui te surprend et te déstabilise un peu quand même.
Cet été sans vacances passé à rédiger mon mémoire et à bosser dans un semi-sous-sol de Nørrebro, comme les températures marseillaises en ce moment et ce soleil de ouf, ne m'aident pas vraiment à me dire qu'on est en décembre dans à peine une semaine. Tes repères changent sans que tu t'en rendes vraiment compte, comme ça, doucement. Et on trouve un nouveau spot. On se situe mieux en prenant de la hauteur, non ?
Retrouver un chez-soi après un long périple, alors que la saison fraîche est déjà bien installée, c'est retrouver cet autre bleu, cette autre mer. Peut-être retrouver des repères, petit à petit. Et en même temps oublier déjà les six derniers mois et tous les détails de la vie quotidienne dans cet autre monde.
On s'adapte vite au fait de ne plus avoir de contraintes, qu'elles soient académiques, professionnelles ou juste temporelles.
C'est donc en cette période de transition que le jeune diplômé (pour ne pas dire jeune inactif) peut prendre le temps d'en passer avec ces gens, ou d'apprécier la météo complètement estivale du Sud mi-octobre et se faire littéralement bouffer par les moustiques, par exemple.
J'ai dit au revoir à Copenhague un mercredi matin pluvieux, dans le rush et sans même un dernier kanelsnegle ; quitté officiellement mon statut d'étudiante, terminé mon stage de fin d'études, dit au revoir à ma coloc danoise.
C'est maintenant les vacances pour moi, éventuellement je suis sans domicile fixe pour le moment, il me fallait bien un mois de vagabondage avant de me poser à nouveau.
Ça y est, j'ai terminé mes études.
Après cinq ans sur les bancs de la fac, l'Angleterre, Copenhague, le Sud et le Sud, ces gens-là (toujours eux) ; après du rollercoaster et des rebondissements de ouf, de la charrette, beaucoup de café, la routine du RU ; après nombre de concessions, de prises de risque, de voyages, de contacts, d'aventures, d'essais, de découvertes, de waouh et de cool, de moins waouh et de moins cool ; après le sentiment d'être chez soi, le sentiment d'être juste de passage ; après pas mal de junk food et de semaines asociales, de l'éclatement de rétine et du sérieux manque d'équilibre physiologique, du pic de stress et de l'ascenseur émotionnel ; après des chocs thermiques et culturels, du gigotage de matière grise, du temps qui fuit et du temps qui stagne, des envies et des rêves, des réalités et des compromis : voilà, c'est terminé, c'est passé super vite et super lentement à la fois, ça fait plaisir et ça fait bizarre en même temps.
C'est toujours cet entre-deux qui est super intriguant, celui qui donne vraiment envie de voir la suite.
Entre Hambourg, Copenhague, Marseille et l'Italie, ce mois-ci s'annonce mouvementé. Et en même temps trop whoop whoop, puisque ça sent la fin des études (bon, va falloir que j'arrête de radoter), les projets un peu cruciaux, les virées dans des endroits exotiques, et les grands sauts dans l'inconnu. À nouveau on se met en mode vagabond, à nouveau c'est l'incertitude qui définit les mois à suivre.
Septembre est là, mais cette année, c'est différent.
Je suis encore dans cette phase post-rendu que je commence à bien cerner : le gros soulagement, la pression qui tombe, la fatigue profonde dont tu mets au moins une semaine à te remettre, le sentiment de ne pas savoir quoi faire, l'habitude perdue d'avoir une vie et des contacts, de faire des efforts pour casser la routine. (c'est un peu horrible, mais c'est l'effet kiss cool que ça a sur moi)
Et en même temps, l'été fait son come-back alors qu'on avait tous ressorti nos manteaux et grosses laines (on va pas cracher dessus), c'est mon dernier mois à Cph (et pas le plus calme), il y a un tas d'aventures qui se profilent en octobre et pour la suite. Haha.







